Il y a des choses qu'on ne dit pas.
Pas par peur du jugement. Pas par honte. Simplement parce qu'elles n'ont pas encore trouvé leur place dans une conversation. Parce qu'on ne sait pas comment les formuler. Parce qu'on pense qu'on est la seule à les ressentir.
On ne dit pas qu'on est fatiguée. Pas de cette fatigue qui se soigne avec une nuit de sommeil. Non, cette fatigue-là, celle qui vient de trop penser, trop ressentir, trop porter. Celle qui ne se voit pas mais qui pèse lourd.
On ne dit pas qu'on a parfois besoin de disparaître. Pas physiquement. Juste mentalement. Se retirer un instant de sa propre vie, observer de loin, respirer autrement. Mais on ne le dit pas, parce qu'on a peur que ça sonne comme un abandon.
On ne dit pas que certaines amitiés se défont sans bruit. Qu'il n'y a pas toujours de rupture franche, de dispute, de moment précis. Parfois, ça s'éteint doucement, comme une bougie qu'on oublie. Et on ne sait pas si on a le droit d'être triste pour quelque chose qui n'a jamais vraiment pris fin.
On ne dit pas qu'on se demande souvent si on en fait assez. Pour les autres, pour soi, pour le monde. Cette culpabilité silencieuse qui nous accompagne, même quand on sait rationnellement qu'on fait de son mieux.
On ne dit pas qu'on ne reconnaît plus toujours sa propre voix. Qu'on s'est parfois perdue dans les attentes des autres, dans les rôles qu'on joue, dans les versions de nous-même qu'on présente selon les contextes. Et qu'on ne sait plus très bien ce qu'on voulait vraiment dire, vraiment être.
On ne dit pas qu'on retient ses larmes en public. Que pleurer, c'est encore un tabou. Alors on ravale, on attend d'être seule, on se compose un visage. Mais pourquoi ?
On ne dit pas qu'il y a des non-dits familiaux qui pèsent plus lourd que les mots. Des sujets qu'on n'aborde pas, des silences qui se transmettent de génération en génération. Et qu'on ne sait pas comment briser ce cycle sans tout casser.
On ne dit pas qu'apprendre à dire non, c'est un combat quotidien. Surtout quand on a passé sa vie à dire oui pour ne pas décevoir, pour être aimée, pour être à la hauteur.
Alors voilà. Ici, on dit ce qu'on ne dit pas ailleurs.
On parle de la vie intérieure des femmes. De ce qui se passe vraiment à l'intérieur. Des pensées qui tournent en boucle à 3h du matin. Des émotions qu'on ne sait pas nommer. Des contradictions qu'on porte. De la complexité d'être humaine.
Sans filtre. Sans artifice. Sans prétendre avoir les réponses.
Juste pour créer un espace où on peut se reconnaître. Où on peut se dire : "Ah, je ne suis pas la seule." Où on peut poser des mots sur ce qui nous traverse.
Parce que reconnaître ce qu'on ressent, c'est déjà un acte de courage.
Et que les mots, parfois, c'est tout ce qu'on a pour ne pas se sentir seule.